Sara Forestier compare Patrick Bruel à Depardieu et demande que les employeurs prennent leurs responsabilités

L’affaire Patrick Bruel, mise en lumière par des plaintes pour viols et agressions sexuelles, suscite de nouvelles réactions dans le monde du spectacle : le chanteur a été placé en garde à vue pendant deux jours et devait être présenté à un juge d’instruction le mercredi 10 juin 2026. Parmi les voix qui se sont exprimées, la comédienne Sara Forestier attire l’attention en mettant en perspective ces affaires avec d’autres dossiers médiatiques, et en pointant la responsabilité des employeurs et l’application du code du travail.
Sara Forestier, doublement césarisée et engagée dans la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, a comparé publiquement le dossier Bruel à l’affaire Gérard Depardieu et rejeté l’idée que ces faits relèvent de secteurs distincts. Dans un entretien accordé au Dauphiné Libéré, elle a insisté sur le fait que concerts, plateaux et loges constituent des lieux de travail soumis au droit du travail et que des sanctions patronales auraient dû intervenir plus tôt.
La comédienne a également critiqué l’inaction selon elle des autorités du travail, estimant que les outils juridiques existent déjà pour protéger les victimes et que le problème tient avant tout à leur non-application par les employeurs. Elle a réaffirmé que la fragmentation des cas par type de victimes ou de professions ne doit pas occulter une approche systémique des violences.
Les propos de Sara Forestier et son parcours lié à la parole des victimes
Sara Forestier a rappelé son expérience personnelle : en 2017, elle a déposé plainte contre un acteur qu’elle accuse de l’avoir giflée sur le tournage du film Bonhomme et affirme avoir été licenciée du tournage en représailles, ce qui l’a conduite à une profonde dépression, selon ses déclarations publiques. Elle a par ailleurs proposé de revoir le système d’assurance des tournages afin de permettre l’exclusion d’un auteur de violences sans compromettre financièrement la production.
Lors du festival de Cannes 2026, elle a appelé les députés à soutenir une proposition de loi destinée à renforcer la lutte contre les violences dans le cinéma et la culture, lançant la formule : « Protégez les victimes, légiférez ! Sonnez la fin de l’impunité ! » Elle affirme qu’il ne s’agit pas d’un déficit législatif mais d’une application effective du code du travail par les employeurs et d’un meilleur rôle des services de l’État compétents.
Sur le plan judiciaire, le procureur de la République a requis la mise en examen de Patrick Bruel pour des faits de viols, agressions sexuelles et harcèlement sexuel concernant neuf victimes, des faits qui auraient été commis entre 2010 et 2019 dans plusieurs villes de France ainsi qu’à Bruxelles et à Nyon. Deux nouvelles plaintes pour viol ont été déposées à son encontre.
Par ailleurs, les procédures relatives à treize victimes supplémentaires, portant sur des faits présumés prescrits entre 1992 et 2008, ont été jointes au dossier afin que les magistrats vérifient la prescription. Patrick Bruel bénéficie de la présomption d’innocence et nie les faits qu’on lui reproche.
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