Coluche : la maison de la rue Gazan préservée malgré un projet immobilier

Coluche est mort le 19 juin 1986 à 41 ans dans un accident de moto sur une route des Alpes-Maritimes. Trente-neuf ans plus tard, l’humoriste reste une figure populaire en France, notamment par son œuvre, son franc-parler et la fondation des Restos du Cœur. Une adresse parisienne concentre une part importante de sa mémoire : le 11 rue Gazan, face au parc Montsouris dans le 14e arrondissement.
Le pavillon de briques rouges, situé le long du parc, a accueilli Michel Colucci à la fin des années 1970. À cette époque, la maison n’était pas seulement un lieu de résidence : elle servait de point de rencontre pour des amis, des artistes et des proches. Les dépendances et l’atelier d’artiste au fond du jardin avaient été transformés en espaces de réception et de loisirs.
Après le décès de Coluche, la maison est devenue un repère symbolique pour ses admirateurs. L’adresse attire encore des curieux en raison de son lien avec l’artiste, même si elle n’est pas ouverte au public. D’autres hommages ont été rendus ailleurs : à Montrouge, une plaque commémorative a été posée en 2019 devant son immeuble d’enfance, et le domaine qu’il possédait à Deshaies, en Guadeloupe, a été transformé en jardin botanique accueillant environ 150 000 visiteurs par an.
Une propriété historique confrontée à un projet immobilier et à la mobilisation citoyenne
En 2008, un permis de construire accordé à la propriétaire du 11 rue Gazan a relancé le débat local. Le projet prévoyait la démolition de plusieurs bâtiments annexes situés dans le jardin pour y édifier un petit immeuble contenant quatre appartements. Cette perspective a suscité l’indignation d’une partie des riverains et d’anciens bénévoles des Restos du Cœur.
Plusieurs personnes proches de l’association ont regretté l’absence d’un espace dédié aux Restos du Cœur, pointant la valeur symbolique du lieu pour celles et ceux qui associent la mémoire de Coluche à des actions solidaires. Un membre bénévole résumait alors le sentiment partagé : « Exploiter le lieu à un usage strictement privé, c’est dommage ». Le projet a également été contesté par des habitants soucieux de la préservation du caractère du quartier Montsouris.
La mairie du 14e arrondissement a rappelé que le dossier avait été examiné selon les règles d’urbanisme en vigueur et a validé l’opération. Le débat s’est concentré sur les dépendances du jardin plutôt que sur la maison principale, une distinction qui n’a pas dissipé les inquiétudes de certains, tant l’ensemble du site est associé à la mémoire de l’humoriste.
Les travaux réalisés ont finalement porté sur les bâtiments annexes ; la demeure principale du 11 rue Gazan n’a pas été détruite. La maison conserve son allure caractéristique et demeure une propriété privée, non transformée en musée et non ouverte au public.
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