Xavier Dupont de Ligonnès s’est rendu quelques jours après sa disparition présumée à l’Auberge de Casagne & Spa, révèle la co‑directrice de l’établissement quinze ans après les faits. Le témoignage, inédit, détaille le comportement du suspect principal dans l’un des dossiers criminels les plus suivis en France depuis la mort, en avril 2011, de son épouse et de leurs quatre enfants.
L’affaire, qui remonte au 14 avril 2011, a fait l’objet de nombreuses rumeurs et de pistes diverses au fil des années : confusions d’identités, hypothèses de fuite à l’étranger et relances d’enquête. Des signalements ont conduit à des vérifications hors de France, notamment aux États‑Unis, et des membres de la famille, dont le beau‑frère, ont à plusieurs reprises pris la parole publiquement pour demander des éclaircissements ou pour lancer des appels.
Selon la co‑directrice de l’Auberge, Sylvie Boucher, le séjour de Xavier Dupont de Ligonnès est intervenu avant que l’affaire ne prenne toute l’ampleur médiatique qu’on lui connaît aujourd’hui. Elle décrit un comportement qui, rétrospectivement, a semblé en décalage avec la gravité des faits reprochés au principal intéressé.
Une visite marquante
Sylvie Boucher se souvient d’un client bavard et peu discret. « C’est vrai qu’il parlait beaucoup, il n’était pas discret du tout et pas en retrait », a‑t‑elle déclaré en revenant sur ce séjour. Elle explique que l’impact émotionnel a été renforcé par la présence, à l’époque, d’enfants de l’auberge ayant des âges proches de ceux de la famille de Ligonnès, ce qui a rendu l’annonce des faits d’autant plus saisissante pour le personnel.
La co‑directrice a précisé que la réservation avait été effectuée à la dernière minute et que l’homme avait été installé dans une chambre surclassée, l’une des rares disponibles. Elle se rappelle également d’un geste visible depuis l’établissement : « Il m’avait fait un petit coucou du haut de son balcon », a‑t‑elle rapporté, soulignant que ce signe d’attention l’avait interpellée sur le moment, sans pour autant éveiller de soupçons particuliers.
Durant son repas, l’homme avait commandé une bouteille de vin, qu’il a bue seul, détail qui a surpris la directrice mais n’a pas, sur l’instant, motivé d’intervention ou d’alerte de la part du personnel. « Il a quand même passé un séjour dans Casagne. C’était quand même quelque chose… on se dit que rien ne transparaissait sur ce monsieur quoi », a‑t‑elle ajouté.
Le témoignage s’inscrit dans la chronologie des événements qui entoure la disparition de Xavier Dupont de Ligonnès et apporte un éclairage sur son comportement lors d’une escale peu remarquée jusqu’à présent par les médias et les investigations publiques.