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Secrétariat de l’ONU : Macky Sall defend sa candidature le 22 avril devant 193 États

Secrétariat de l’ONU : Macky Sall defend sa candidature le 22 avril devant 193 États

Macky Sall, ancien président du Sénégal

Le grand oral se tiendra mercredi 22 avril 2026, de 15h à 18h, heure de New York : l’ancien président sénégalais Macky Sall s’exprimera devant les 193 États membres de l’ONU pendant trois heures pour défendre sa candidature au poste de secrétaire général, destiné à succéder à António Guterres le 1er janvier 2027. À Dakar, la démarche suscite des divisions et s’inscrit dans un parcours diplomatique marqué par des tensions.

Le dossier a été déposé début mars à New York par le Burundi, alors titulaire de la présidence tournante de l’Union africaine, faute d’un appui officiel du Sénégal. Sur le plan procédural, la proposition est recevable : tout État membre peut présenter un candidat. Sur le plan politique, l’initiative a été perçue comme la preuve de l’absence d’adhésion formelle de Dakar, constat dont Macky Sall a été informé.

Le 27 mars 2026, la candidature n’a pas obtenu l’accord tacite des membres de l’Union africaine : une vingtaine de pays ont voté contre, empêchant le consensus requis, et l’organisation continentale a renvoyé le dossier. Selon les observateurs, il s’agit d’un cas inédit depuis plusieurs années pour un ancien chef d’État africain.

Étapes de la candidature

Le 29 mars, le Sénégal a formellement désavoué la démarche. Dans une note verbale adressée à la Commission de l’UA à Addis‑Abeba, la mission permanente du pays a précisé qu’il n’avait jamais approuvé ni été associé à l’initiative. Deux jours plus tard, Aminata Touré, haut‑représentante du président Bassirou Diomaye Faye, a réaffirmé ce refus à la télévision publique et a dénoncé une procédure pilotée par un État tiers.

Le 2 avril, Macky Sall a relancé sa campagne. Son site officiel a été mis en ligne et il a multiplié les rencontres avec des représentants d’États membres. Fin mars et début avril, quatre pays africains — Rwanda, Éthiopie, Tanzanie et Ouganda — ont annoncé un soutien individuel ; au total, quarante‑et‑un États du continent se sont finalement alignés derrière lui, sans mandat continental.

Le 17 avril, Emmanuel Macron a reçu Macky Sall à l’Élysée après le dépôt formel de sa candidature. Aucun communiqué officiel français n’a été publié, mais la visite a été interprétée par certaines chancelleries comme un appui implicite. La France, membre permanent du Conseil de sécurité, est ainsi entrée dans le jeu des soutiens potentiels.

À New York, les auditions se déroulent sur deux jours et opposent quatre candidats : Michelle Bachelet (mardi matin), Rafael Grossi (mardi après‑midi), Rebeca Grynspan (mercredi matin) et Macky Sall en clôture. Chaque postulant dispose de trois heures, diffusées en direct, avec un format comprenant une déclaration initiale puis une séance de questions‑réponses ouverte aux 193 États membres et aux représentants de la société civile.

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Parmi les enjeux évoqués pour la candidature de Macky Sall figurent la nécessité de convaincre les grandes puissances, d’apaiser les attentes des pays du Sud, de proposer une vision pour une ONU confrontée aux conflits en Gaza, en Ukraine et au Soudan, et de surmonter le désaveu exprimé par son propre pays.

Plusieurs obstacles subsistent au plan national : le Collectif des victimes des crises politiques de 2021‑2024 a opposé un veto catégorique à la candidature en demandant des explications sur les événements survenus pendant ces années ; la direction sénégalaise d’Amnesty International a accusé l’ancien président de chercher à utiliser l’ONU comme refuge politique face à d’éventuelles procédures judiciaires ; l’Association sénégalaise de défense des droits humains a saisi le Haut‑Commissariat des Nations unies pour contester la candidature.

Sur le calendrier onusien, après les auditions le Conseil de sécurité interviendra en juillet ou en août, et les cinq membres permanents — États‑Unis, Chine, Russie, Royaume‑Uni et France — devront s’accorder. L’Assemblée générale doit ensuite valider le nom retenu avant la fin de 2026.

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