Le 18 mars, Mediapart publiait une enquête rassemblant plusieurs témoignages visant un chanteur célèbre : huit femmes ont dénoncé des faits sexuels non consentis qui se seraient déroulés entre 1992 et 2019, dont une victime mineure. Plusieurs plaintes ont été déposées — l’une pour viol, une autre pour tentative de viol — tandis que l’artiste a démenti ces accusations par l’intermédiaire de ses avocats.
Depuis la diffusion de ces premiers récits, les révélations se sont multipliées et la polémique a eu des répercussions sur la vie professionnelle du chanteur : sa tournée anniversaire pourrait être compromise et un collectif féministe cherche à obtenir l’annulation d’une date estivale, selon plusieurs médias. Le dossier continue d’alimenter la couverture médiatique nationale.
Ce lundi 13 avril, le magazine ELLE a publié de nouveaux témoignages : quatre femmes ont accepté de prendre la parole et décrivent des modalités d’agression récurrentes, toujours dans un contexte initialement professionnel. Les récits détaillent une évolution des échanges, depuis un premier contact lié au travail jusqu’à des gestes ou des situations imposés malgré un refus.
Quatre nouvelles femmes brisent le silence
Les quatre témoignages réunis par ELLE décrivent un même schéma : des approches en apparence professionnelles qui, selon les plaignantes, se seraient transformées en avances pressantes, puis en baisers forcés ou attouchements non consentis. Les récits évoquent également des situations imposées alors que les victimes ont exprimé leur refus.
Parmi ces femmes figure Ophélie Fajfer, qui a accepté de témoigner à visage découvert. Elle relate avoir rencontré le chanteur sur le tournage d’un clip des Enfoirés à Montpellier en janvier 2015. Âgée de 19 ans à l’époque, elle dit être d’abord intervenue comme figurante et avoir cherché des contacts professionnels. Un selfie et des échanges ont suivi, mais, selon son témoignage, les rapports ont rapidement évolué en contraignant : « Il m’a volé ma première fois, mon insouciance », confie-t-elle.
Ophélie Fajfer avait déjà déposé plainte il y a quatre ans ; cette procédure avait été classée sans suite, puis le dossier a été transmis pour réexamen au parquet de Saint‑Malo à la suite d’une nouvelle plainte pour viol déposée en septembre dernier. Le classement sans suite signifie que la plainte initiale n’avait pas donné lieu, à ce stade, à des poursuites pénales, selon les informations publiées.
Les médias qui ont suivi l’affaire signalent que d’autres victimes ont également porté plainte ou envisagent de le faire, et que les publications successives alimentent de nouveaux témoignages. Le chanteur, pour sa part, maintient son démenti par l’intermédiaire de ses conseils, et demeure présumé innocent aux yeux de la justice.