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Nigeria : l’ADC met en garde contre la réintégration d’ex-terroristes sans procès

Nigeria : l’ADC met en garde contre la réintégration d’ex-terroristes sans procès

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Au Nigeria, l’Alliance démocratique africaine (ADC) met en garde contre la réintégration massive d’anciens combattants sans garanties de justice, estimant que cette approche risque d’encourager de nouvelles violences et d’affaiblir la confiance publique dans la lutte contre l’insurrection.

Dans un communiqué publié dimanche par son secrétaire national à la publicité, Bolaji Abdullahi, l’ADC a qualifié de dangereuse une politique qui privilégierait la réinsertion sociale d’anciens éléments extrémistes sans procédures claires de reddition de comptes. Le parti souligne que cette orientation pourrait envoyer « le mauvais signal » tant aux victimes qu’à d’éventuels futurs auteurs d’actes de violence.

Le communiqué insiste sur la distinction entre prise en charge et impunité, estimant qu’un retour à la vie civile doit être encadré par des mécanismes de justice et de contrôle. Selon l’ADC, l’absence de transparence sur les modalités de sélection des personnes admises aux programmes de réintégration soulève des interrogations sur la poursuite éventuelle des auteurs et sur l’évaluation de leur aptitude à réintégrer leurs communautés.

Critiques sur les critères de sélection, le suivi et la consultation des communautés affectées

L’ADC rappelle que le terrorisme a des conséquences collectives : pertes humaines, destruction de communautés, déplacements massifs et fragilisation de la sécurité et de l’économie. Le parti juge préoccupant qu’une politique de réintégration soit mise en œuvre sans que soient rendues publiques les procédures de dépistage, de poursuite judiciaire ou d’évaluation comportementale ayant permis de déclarer certains participants aptes à revenir dans la société.

Le communiqué cite explicitement : « Le terrorisme n’est pas un différend familial. Ce n’est pas une métaphore morale. C’est une campagne soutenue et organisée de violence contre l’État nigérian et son peuple. » L’ADC ajoute que traiter cette menace par un langage qui en atténue la portée, ou par des mesures qui semblent privilégier la réhabilitation au détriment de la responsabilité, revient selon lui à manifester une faiblesse plutôt qu’une stratégie de sécurité claire.

Le parti exprime aussi des doutes quant à l’existence d’un cadre de suivi post-réinsertion et à la prise en compte des populations affectées par les violences. L’ADC indique qu’il n’a pas constaté d’informations publiques suffisantes sur les dispositifs de contrôle, de surveillance et de soutien aux communautés recevant d’anciens insurgés.

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Par ailleurs, PUNCH Online rapportait le 16 avril que 744 personnes avaient achevé le programme fédéral de déradicalisation, de réhabilitation et de réintégration mené dans le cadre de l’opération « Safe Corridor ». Parmi les participants figuraient d’anciens insurgés ainsi que des victimes de l’extrémisme violent originaires notamment des États de Borno, Adamawa, Yobe et Kano.

Lors de la cérémonie organisée à Gombe, le Chef d’état-major de la défense, Olufemi Oluyede, a présenté le programme comme une stratégie visant à s’attaquer aux facteurs à l’origine de l’insurrection et à promouvoir la paix.

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