Espagne : l’épouse de Pedro Sánchez formellement inculpée pour corruption
Sidoine Awounou contribue à la couverture de l’actualité people, célébrités,…
Le 11 avril, Begoña Gómez, épouse du chef du gouvernement Pedro Sánchez, a été mise en examen par le juge Juan Carlos Peinado. L’acte d’inculpation, long de 39 pages, énumère quatre chefs : corruption active et passive, trafic d’influence, détournement de fonds publics et appropriation indue de biens.
Le dossier a fait l’objet d’une instruction de plus de vingt-quatre mois avant cette décision. Au centre des griefs figure une chaire extraordinaire co‑pilotée par Begoña Gómez à l’Université Complutense de Madrid, supposée financer des travaux de recherche mais, selon l’ordonnance, utilisée comme instrument pour rediriger des ressources publiques vers son patrimoine personnel.
Le juge évoque un dispositif coordonné et prolongé impliquant plusieurs sociétés privées, organisé en dehors des circuits universitaires habituels. Selon l’enquête, Begoña Gómez et une collaboratrice auraient négocié les conventions, contrôlé leur mise en œuvre et perçu des avantages financiers en retour.
Les éléments retenus par la justice
Plusieurs entreprises partenaires auraient bénéficié d’un accès privilégié à l’administration espagnole lié à leur lien avec l’épouse du président du gouvernement, et auraient, en contrepartie, contribué au financement de la chaire. Une lettre de recommandation signée par Begoña Gómez a, d’après le juge, été prise en compte dans l’attribution d’un important contrat public, fait qualifié de trafic d’influence.
La procédure ne vise pas, pour l’heure, Pedro Sánchez sur le plan judiciaire. Sur le plan politique, le dossier a entraîné des réactions de l’opposition : le Parti Populaire a demandé des explications et certains responsables ont remis en question la capacité du président à poursuivre ses fonctions pendant que son épouse fait face à ces accusations. La réponse officielle du gouvernement a insisté sur le respect de l’indépendance de la justice et la présomption d’innocence.
Si une condamnation était prononcée, les chefs d’accusation encourent, selon le droit espagnol, des peines de prison ferme pour la corruption et le trafic d’influence, généralement situées entre deux et six ans selon les cas. Le détournement de fonds publics pourrait conduire à des années supplémentaires d’incarcération, et l’appropriation indue à des amendes importantes voire à du sursis.
Le calendrier du procès n’est pas fixé. Le dossier doit être transmis au parquet, qui définira la suite de la procédure. L’instruction, détaillée sur 39 pages, modifie la donne politique à Madrid pour les semaines et mois à venir.
Ces dernières années, des proches de hauts responsables espagnols ont déjà été visés par des affaires de corruption ou de favoritisme ; la singularité de ce dossier tient au fait qu’il concerne l’épouse du chef du gouvernement. Begoña Gómez, âgée de 55 ans, entre désormais dans une phase judiciaire qui comprendra interventions d’avocats, audiences médiatiques et confrontations politiques, et qui est présentée comme l’un des grands dossiers judiciaires espagnols de 2026.
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