Amnesty Nigeria dénonce la directive de la NBC comme une atteinte à la liberté de la presse
Amnesty International a vivement condamné, dimanche 19 avril 2026, une directive émise par la National Broadcasting Commission (NBC) du Nigeria, estimant qu’elle constitue une tentative de restreindre la liberté de la presse et d’imposer des contraintes illégitimes aux journalistes. Datée du 17 avril 2026, la « formal notice to broadcasters » vise notamment les émissions politiques et les présentateurs de programmes d’actualité.
Le texte de la NBC signale une hausse supposée des manquements au Nigeria Broadcasting Code et met en garde les diffuseurs contre des comportements tels que l’expression d’opinions personnelles, l’intimidation d’invités ou le défaut de neutralité. La directive rappelle aux stations leurs obligations déontologiques, sans préciser dans la communication officielle les sanctions envisagées ni les modalités d’application.
Dans sa réaction publique, Amnesty International Nigeria a estimé que la mesure sape l’indépendance des médias et contrevient aux normes internationales relatives aux droits de l’homme. Isa Sanusi, directeur exécutif de la section nigériane de l’ONG, a dénoncé ce qu’il qualifie d’« unrelenting quest to silence journalists » et a appelé les autorités à cesser ces pratiques.
Critiques d’Amnesty et références aux instruments internationaux
Amnesty rappelle que le rôle d’une presse libre est encadré par des instruments internationaux ratifiés par de nombreux États africains, citant l’African Charter on Human and Peoples’ Rights et le International Covenant on Civil and Political Rights, qui protègent la liberté d’expression et le droit du public à l’information. Selon l’ONG, la directive de la NBC est incompatible avec ces garanties lorsqu’elle cherche à définir de manière stricte la conduite éditoriale des journalistes.
Le communiqué souligne que, si les organes de régulation ont pour vocation d’encadrer les médias afin de garantir le respect de la loi et l’équité, ils ne doivent pas empiéter sur l’indépendance éditoriale au point d’entraver la capacité des journalistes à informer. Amnesty qualifie la notice d’« autoritaire et inconstitutionnelle », estimant que la commission ne dispose pas du pouvoir d’imposer la manière dont les professionnels exercent leurs fonctions.
Dans sa prise de position, l’ONG appelle explicitement les diffuseurs à poursuivre leur travail « de manière farouche et indépendante », sans crainte des pressions émanant des autorités de régulation. Le message insiste sur l’importance d’un paysage médiatique diversifié et autonome pour garantir le droit du public à recevoir et à diffuser des informations.
La directive de la NBC et la réaction d’Amnesty s’inscrivent dans un contexte de débats récurrents au Nigeria sur l’équilibre entre régulation des médias et protection des libertés fondamentales. La communication d’Amnesty reprend et reformule les craintes exprimées à propos d’une ingérence accrue des régulateurs dans le contenu éditorial des stations de radio et de télévision.
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