Patrick Bruel est au centre d’accusations de violences sexuelles révélées dans une enquête publiée le 18 mars par Mediapart, qui rapporte les témoignages de huit femmes affirmant des faits remontant entre 1992 et 2019. Parmi elles, l’une déclare avoir été mineure au moment des faits, une a déposé une plainte pour viol et une autre pour tentative de viol. Ces révélations interviennent alors qu’un concert de l’artiste est programmé le 4 juillet à Salon-de-Provence, suscitant des réactions publiques et des appels à l’annulation.
L’enquête de Mediapart rassemble des récits que les plaignantes portent à la connaissance des médias. Selon les informations publiées, les faits allégués couvrent une période de plusieurs décennies et plusieurs lieux. Les témoignages ont été relayés et complétés par d’autres personnes dans les jours qui ont suivi la publication, dont une attachée de presse belge qui affirme avoir été victime d’attouchements.
Par l’intermédiaire de ses avocats, Patrick Bruel a nié les accusations et contesté toute forme de violence ou de contrainte, déclarant être « très attristé » par la publication des témoignages et assurant que, selon lui, les actes évoqués auraient été consentis. Les avocats de l’artiste ont choisi de s’exprimer publiquement, notamment lors d’une intervention sur l’émission de Cyril Hanouna, pour défendre cette version.
Mobilisation locale et réactions des organisateurs
À Salon-de-Provence, un collectif local nommé Salon Féministe a lancé un appel auprès de la municipalité et des organisateurs pour obtenir l’annulation du concert prévu au château de l’Empéri le 4 juillet. Dans un entretien avec France 3 Provence-Alpes-Côte d’Azur, une membre du collectif, identifiée sous le prénom Marie, a déclaré : « Pour nous, c’est insupportable. On part du principe que les victimes, on les croit, malgré la présomption d’innocence qu’on nous rétorque à chaque fois ». Elle a ajouté que le collectif souhaitait montrer aux personnes qui témoignent qu’elles ne sont pas isolées.
Du côté de l’organisation, Daniel Devoux, responsable de la programmation du lieu, a indiqué que le concert était maintenu et a rappelé la présomption d’innocence dont bénéficie toute personne mise en cause. « Le concert aura lieu pleinement et je n’ai pas d’inquiétude, vu les éléments que j’ai », a déclaré M. Devoux en évoquant son choix de ne pas annuler la représentation.
Le collectif a adressé une lettre ouverte au maire de Salon-de-Provence, Nicolas Isnard, qui n’a pas souhaité s’exprimer publiquement sur le dossier selon les informations disponibles. À ce jour, aucune annulation officielle du concert n’a été annoncée par la mairie ou les organisateurs.
Plusieurs personnalités publiques ont, par ailleurs, exprimé leur soutien aux femmes ayant pris la parole, tandis que l’équipe de défense de l’artiste maintient son refus des accusations. Une plainte pour viol et une plainte pour tentative de viol ont été mentionnées dans les médias ; leur traitement judiciaire éventuel n’a pas été rendu public à ce stade.