Le 18 mars dernier, Mediapart a publié une enquête dans laquelle plusieurs femmes, dont une mineure, ont mis en cause Patrick Bruel pour des faits de violences sexuelles remontant entre 1992 et 2019 ; des plaintes ont été déposées et l’affaire dépasse désormais le cadre national.
Selon les éléments rendus publics, huit femmes ont pris la parole auprès de Mediapart. Deux plaintes sont formellement enregistrées : l’une pour viol, l’autre pour tentative de viol. Le chanteur, par l’intermédiaire de ses avocats, a nié les accusations. Des sources journalistiques indiquent par ailleurs que d’autres dépôts de plainte supplémentaires ont été effectués et font l’objet d’examens distincts.
Des mouvements collectifs féministes ont réagi à ces révélations en ciblant des concerts programmés de l’artiste cet été, et plusieurs médias ont annoncé la multiplication des témoignages. Le magazine ELLE a rapporté, en début de semaine, le dépôt de nouvelles plaintes à l’encontre du chanteur.
Récit des témoignages et périmètre des démarches judiciaires
Les investigations menées par Mediapart ont livré des récits détaillés de victimes et de témoins. Une femme, filmée à visage découvert dans le reportage, décrit avoir été enfermée dans des toilettes puis agressée sexuellement. Un témoin masculin rapporte, de son côté, avoir vu l’artiste faire des avances insistantes à sa compagne, jusqu’à lui proposer un acte sexuel en sa présence.
Plusieurs personnes ayant accepté de parler ont souligné que le comportement reproché à l’artiste aurait été connu, ou évoqué, au sein de certains cercles professionnels et privés. Des témoignages anonymes et floutés figurent dans le dossier d’enquête publié par Mediapart, qui a aussi diffusé des éléments permettant de situer chronologiquement certains faits dénoncés.
Le dossier a pris une dimension internationale : après des dépôts de plainte en Belgique, le parquet de Bruxelles s’est saisi du dossier et a engagé des investigations liées à ces plaintes. En France, certaines procédures antérieures, classées sans suite, sont en cours de réexamen à la suite des nouveaux éléments fournis par des plaignantes et des journalistes.
Parmi les victimes citées par la presse, une jeune femme identifiée comme Ophélie raconte une rencontre avec l’artiste lors du tournage des Enfoirés en 2025, une invitation dans une propriété privée dans le sud de la France, un refus initial d’avances, puis des actes qu’elle qualifie d’agression sexuelle. Âgée de 19 ans au moment des faits, elle avait vu sa plainte classée sans suite; cette procédure fait désormais l’objet d’un nouvel examen administratif et judiciaire.
Les avocats de Patrick Bruel maintiennent sa position de dénégation et rappellent la présomption d’innocence. Les juridictions saisies étudient les éléments transmis par les plaignantes et les médias.