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Le roi Charles en visite d’État aux États‑Unis alors que les liens politiques avec Trump se délitent

Le roi Charles en visite d’État aux États‑Unis alors que les liens politiques avec Trump se délitent

Britain’s King Charles III (L) and US President Donald Trump (R) speak to military personnel following a Beating Retreat military ceremony on the East Lawn at Windsor Castle, in Windsor, on September 17, 2025, during the US President’s second State Visit. US President Donald Trump arrived in Britain for an unprecedented second State Visit, with the UK government rolling out a royal red carpet welcome to win over the mercurial leader. (Photo by Andrew Matthews / POOL / AFP)

Le roi Charles III entame lundi une visite d’État de quatre jours aux États-Unis, la première de son règne, accompagnée de la reine Camilla, dans un contexte marqué par des tensions transatlantiques autour de la guerre en Iran et par l’ombre persistante du scandale Jeffrey Epstein.

Le palais de Buckingham et le gouvernement britannique présentent ce déplacement comme un hommage à la relation historique entre les deux pays, alors que les États‑Unis célèbrent le 250e anniversaire de leur indépendance. La visite a été faite à la demande conjointe du gouvernement britannique et du président Donald Trump, selon le communiqué du palais.

La présence du monarque intervient dans un climat politique tendu : les désaccords entre Londres et Washington sur la politique américaine vis‑à‑vis de l’Iran ont suscité des critiques publiques et alimenté un débat interne au Royaume‑Uni quant au maintien de la visite, 48 % des Britanniques, selon un sondage YouGov cité, se disant favorables à son annulation.

Tensions politiques, enjeux diplomatiques et ombre d’Epstein

Le président Trump a multiplié les attaques publiques contre le Premier ministre Keir Starmer, reprochant sa position sur la guerre, ainsi que les politiques migratoires et énergétiques de son gouvernement. « This is not Winston Churchill that we’re dealing with », avait lancé M. Trump en mars, ajoutant que la « special relationship » n’était « plus comme avant ». Il a également tourné en dérision l’état perçu des forces armées britanniques, forces dont le roi est le commandant en chef.

Face à ces critiques, Keir Starmer a renforcé ses prises de position publiques contre le conflit tout en défendant la portée et la profondeur des liens bilatéraux pour justifier la tenue de la visite. Le palais souligne que Charles devrait, lors de son allocution devant le Congrès mardi, évoquer l’histoire partagée et la dynamique variable de cette « special relationship » sans s’immiscer directement dans les débats politiques contemporains.

Des voix d’experts et de la société civile s’expriment sur le caractère politique de la visite : Craig Prescott, spécialiste de la monarchie, estime que le roi sait généralement bien gérer ce type d’événements et qu’il utilisera l’anniversaire d’indépendance pour recentrer l’enjeu. À l’inverse, Graham Smith, dirigeant du groupe anti‑monarchie Republic, dénonce un rituel sans substance et pointe le comportement du président américain comme le principal sujet critique.

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Le dossier Jeffrey Epstein menace d’empiéter sur la tournée. Le roi a été confronté à la crise liée à l’amitié de son frère Andrew avec le financier disparu ; celui‑ci a été arrêté mi‑février, est visé par une enquête policière, a nié tout acte répréhensible et a été déchu de titres par Charles en octobre. Des élus américains, dont le démocrate Ro Khanna, ont demandé que le roi rencontre en privé des victimes présumées ; la famille de Virginia Giuffre a formulé une demande similaire. Des sources du palais ont indiqué à la presse britannique qu’une telle rencontre « ne sera pas possible », au motif d’un risque d’impact sur les enquêtes en cours ou le bon déroulement de la procédure judiciaire.

La visite officielle comprend une rencontre à la Maison‑Blanche avec le président et la première dame Melania, un dîner d’État, une audience à l’« Oval Office » limitée aux photographes, puis un déplacement à New York pour la visite du mémorial du 11 septembre et un départ programmé jeudi vers les Bermudes, première visite d’un territoire d’outre‑mer britannique pour le roi en tant que souverain. AFP

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