Kemi Seba à Pretoria : ce qu’il risque en cas d’extradition
Le lundi 20 avril 2026, Kemi Seba comparaît devant le tribunal de première instance de Brooklyn, à Pretoria. Il avait été arrêté en Afrique du Sud une semaine plus tôt.
Le 7 décembre 2025, une petite unité de l’armée béninoise dirigée par le lieutenant-colonel Pascal Tigri a tenté de renverser le président Patrice Talon. L’opération a échoué en quelques heures et, alors que la situation à Cotonou restait confuse, Kemi Seba a publié sur ses comptes en ligne des messages qualifiant la journée de « jour de libération », annonçant la chute supposée de Talon et se félicitant de l’action.
Le 12 décembre, la chambre spéciale anti-terroriste du Bénin a émis à son encontre un mandat d’arrêt international pour apologie de crimes contre la sûreté de l’État et incitation à la rébellion. Ces chefs d’accusation peuvent, selon le droit béninois, donner lieu à des peines particulièrement lourdes, pouvant aller jusqu’à la perpétuité dans certains cas.
13 avril 2026 : interpellation à Pretoria
Le 13 avril, dans un centre commercial du quartier Brooklyn à Pretoria, l’unité d’élite des forces sud-africaines connue sous le nom de Hawks a procédé à l’arrestation de Kemi Seba. Il était accompagné de son fils Khonsou, âgé de 18 ans, et d’un facilitateur sud-africain identifié comme François Van der Merwe.
D’après les enquêteurs, le trio préparait une traversée clandestine du fleuve Limpopo à destination du Zimbabwe, première étape d’un trajet visant l’Europe. Le passeur serait rémunéré à hauteur d’environ 250 000 rands pour l’organisation du déplacement. Lors de l’interpellation, les policiers ont saisi plusieurs téléphones et plus de 318 000 rands en espèces.
Le 15 avril, jour de la première comparution, Kemi Seba, son fils et le facilitateur ont été placés en détention provisoire sans possibilité de libération sous caution. L’audience de fond a été renvoyée pour permettre l’examen du dossier et l’instruction de la demande d’extradition engagée par le Bénin.
Le 18 avril, le ministère des Affaires étrangères du Niger, par la voix de Bakary Yaou Sangaré, a confirmé que Kemi Seba possède un passeport diplomatique nigérien authentique. Niamey a demandé que l’activiste soit expulsé vers le Niger pour séjour irrégulier, éventuellement après le paiement d’une amende, option qui, si elle était retenue par les autorités sud-africaines, éviterait un transfert vers le Bénin.
Au moment de l’audience du 20 avril, deux procédures se chevauchaient. En Afrique du Sud, Kemi Seba fait face à des poursuites pour conspiration en vue de commettre un crime et pour violation des lois sur l’immigration, des infractions qui peuvent, selon les autorités sud-africaines, entraîner de quelques mois à plusieurs années de prison, ou aboutir à une amende et une expulsion. Parallèlement, une demande d’extradition formulée par le Bénin pourrait conduire à son transfert à Cotonou pour y être jugé.
Son avocat français, Juan Branco, affirme que les autorités béninoises cherchent à obtenir une condamnation pouvant aboutir à une détention à vie. Plusieurs ONG ont exprimé des réserves sur les conditions de détention au Bénin, argument que la défense entend soulever devant les juges sud-africains, qui ont la possibilité de refuser une extradition si un risque de mauvais traitement est établi.
Son organisation, Urgences Panafricanistes, dénonce ce qu’elle qualifie de « mise à mort politique » avec, selon elle, l’appui de Paris. La diaspora panafricaniste s’est mobilisée sur les réseaux sociaux. Le Sénégal et le Burkina Faso, pays qui l’avaient déjà refoulé par le passé, n’ont pas réagi publiquement.
Quelle est votre Réaction?
Sidoine Awounou contribue à la couverture de l’actualité people, célébrités, showbiz et tendances pour People | Benin Web TV.






