Jean d’Ormesson, jusqu’à 35 ans au 97 rue du Bac dans un hôtel particulier classé

16 juin 2026 : Jean d’Ormesson aurait eu 99 ans. Neuf ans après sa disparition, l’écrivain et académicien demeure associé à l’image d’une France lettrée et mondaine. Avant de devenir visage des plateaux télé et plume reconnue, il a vécu jusqu’à l’âge de 35 ans au 97 rue du Bac, dans l’imposant hôtel particulier connu sous le nom d’hôtel de Salm-Dyck ou d’hôtel de Ségur.
Romancier à succès, homme de télévision, directeur du Figaro et membre de l’Académie française, Jean d’Ormesson a grandi dans un décor marqué par le goût du raffinement et par l’histoire familiale. Son enfance et sa jeunesse se déroulent entre les salons du premier étage de cette demeure classée et les domaines familiaux, qui alimenteront plus tard son œuvre littéraire.
Il évoquait lui-même cette vie prolongée au domicile parental : « J’ai habité chez mes parents jusqu’à l’âge de trente-cinq ans », racontait-il au Figaroscope, en livrant une anecdote sur la familiarité des relations familiales lorsque « Quand une fille me téléphonait, mon père répondait : “Qu’est-ce que vous lui voulez encore ?” »
Rue du Bac : l’hôtel de Salm-Dyck, décor d’une enfance aristocratique
Situé dans le VIIe arrondissement, le 97 rue du Bac occupe une place discrète mais prestigieuse du paysage parisien. L’édifice, construit au début du XVIIIe siècle, conserve un premier étage réaménagé sous l’Empire : boiseries, bibliothèque monumentale et salons d’apparat témoignent du goût impérial pour les décors raffinés. Plusieurs de ces salles ont été transformées au début du XIXe siècle par l’architecte Antoine Vaudoyer et le peintre Jean-Jacques Lagrenée, et sont protégées au titre des Monuments historiques.
Jean d’Ormesson a grandi au premier étage de cette demeure, aux côtés du marquis et de la marquise d’Ormesson. L’appartement, souvent décrit comme un espace somptueux et feutré, a servi de cadre à une éducation ancrée dans les usages et les références de l’ancienne aristocratie française.
Parallèlement à la vie parisienne, la famille d’Ormesson possédait des propriétés provinciales, dont le château de Saint-Fargeau dans l’Yonne. Les étés passés au château ont marqué le jeune Jean et nourri son imaginaire jusqu’à inspirer des œuvres comme Au plaisir de Dieu. Les charges financières liées à l’entretien de ces domaines contraignent néanmoins la famille à céder Saint-Fargeau en 1968. À ce sujet, il confiait à Patrick Poivre d’Arvor, dans La Traversée du miroir, qu’il avait vécu la vente à la fois comme une libération et comme une douleur profonde, notamment parce que le lieu incarnait une mémoire familiale.
À 35 ans, après son mariage avec Françoise Béghin en 1962, Jean d’Ormesson quitte le 97 rue du Bac pour s’installer à Neuilly-sur-Seine, dans un hôtel particulier de la Folie Saint-James, une demeure plus intime entourée de glycines où il passera l’essentiel de sa vie adulte. Dans le documentaire Jean d’Ormesson, le vagabond des beaux quartiers, le réalisateur Jean Rousselot souligne le rôle de Françoise dans la décoration et l’intendance du lieu, tandis que le bureau de l’écrivain y devient son sanctuaire.
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