Eugenie Bastié pas la bienvenue chez France Télévisions, elle se dit blessée

France 2 relance à la rentrée l’émission politique historique L’Heure de vérité, remaniée pour une diffusion mensuelle et confiée à la présentation de Caroline Roux. L’annonce du plateau présidentiel, organisé autour de trois éditorialistes — Marc-Olivier Fogiel, Benjamin Duhamel et Eugénie Bastié — a déclenché une polémique interne incarnée par la société des journalistes (SDJ) de France Télévisions.
La nouvelle formule prévoit que chacun des trois éditorialistes intervienne à tour de rôle pendant vingt minutes pour interroger l’invité de la soirée. Le choix d’Eugénie Bastié, rédactrice en chef adjointe des pages Champs libres du Figaro, s’est toutefois rapidement heurté à une réaction collective au sein de la rédaction publique.
La controverse a pris corps dès le 5 mai lorsque la SDJ de France Télévisions a publié un communiqué dénonçant le recrutement de Bastié et s’interrogeant sur la cohérence éditoriale et budgétaire de ces recrutements externes alors que des talents existent en interne.
La SDJ de France Télévisions tire à boulets rouges sur le recrutement
Dans son texte, la SDJ qualifie Eugénie Bastié de « polémiste » et estime que son positionnement militant et ses prises de position publiques ne sont pas compatibles avec l’animation d’un débat politique sur le service public. Le communiqué cite notamment que Bastié est « identifiée pour ses idées très conservatrices et souverainistes » et souligne que, selon la SDJ, elle « revendique clairement ses opinions … en les soutenant de façon militante ».
La société des journalistes avance également un argument de cohérence budgétaire et institutionnelle, estimant « regrettable de rémunérer une chroniqueuse qui attaque constamment l’audiovisuel public » et pointant des publications jugées dénigrantes envers Radio France et France Télévisions, alors même que Bastié réclamerait une réduction de leurs moyens. La SDJ évoque en outre un possible « conflit d’intérêts » concernant Marc-Olivier Fogiel au regard de ses activités au sein du groupe M6.
Face à ces critiques publiques, Eugénie Bastié a pris la parole pour la première fois le vendredi 8 mai sur CNews et Europe 1, invitée par Pascal Praud. Elle a déclaré avoir été « beaucoup attaquée » mais aussi « beaucoup soutenue » et a dit avoir été « assez blessée » par la qualification de polémiste utilisée par la SDJ.
Bastié a rappelé son parcours professionnel en précisant qu’elle travaille depuis dix ans au Figaro, qu’elle a signé des centaines d’articles et animé « une centaine d’émissions » sur des thèmes variés, estimant ainsi que son activité relève du journalisme et de l’éditorialisme plutôt que d’une posture purement polémiste.
Autour de la table, des soutiens se sont exprimés. L’essayiste et juriste Rachel Khan, chroniqueuse également présente dans l’émission L’Heure des pros, a dénoncé selon elle la construction d’« un faux portrait » visant à faire de Bastié « une cible ». Pascal Praud, qui recevait la journaliste, a souligné que la qualification de polémiste ne convenait pas à son travail et a estimé qu’il s’agissait d’une bonne chose qu’elle participe à L’Heure de vérité.
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