Des scientifiques testent une nouvelle solution contre le paludisme alors que l’objectif 2030 d’élimination est menacé

malaria

Des scientifiques africains examinent l’utilisation du « gene drive » pour tenter de freiner la transmission du paludisme, alors que le continent peine à atteindre l’objectif d’élimination fixé par l’Union africaine pour 2030. L’approche, présentée par le consortium Target Malaria, vise soit à réduire les populations de moustiques vecteurs soit à empêcher le parasite de passer du moustique à l’humain, en complément des moyens existants comme les moustiquaires, les insecticides, les médicaments et les vaccins.

Le recours exploratoire à cette technologie génétique intervient dans un contexte de financements internationaux en recul et de menaces croissantes : résistance aux insecticides, pressions climatiques et systèmes de santé fragiles. Ces facteurs, soulignés dans une publication de l’African Media Agency (AMA), expliquent la recherche d’options supplémentaires pour renforcer la prévention et limiter une possible résurgence du paludisme.

Le rapport 2025 Africa Malaria Progress, publié en février 2026, met en évidence un ralentissement des progrès depuis 2015 : en 2024, les États membres de l’Union africaine ont enregistré 270,8 millions de cas de paludisme (96 % du total mondial) et 594 119 décès (97 % du total mondial). Seuls cinq États membres avaient atteint, à la date du rapport, les cibles de réduction fixées par le Cadre catalytique 2025.

Procédé de développement, étapes expérimentales et précautions

Target Malaria identifie parmi les vecteurs principaux les espèces Anopheles gambiae, An. coluzzii, An. arabiensis et An. funestus. Le développement de moustiques dotés d’un gene drive est décrit comme un processus long et minutieux, débutant en laboratoires hautement contrôlés. Selon le consortium et le chercheur Dr Martin Lukindu, les phases actuelles se déroulent uniquement dans des laboratoires confinés en Europe et aux États-Unis ; il n’y a « pas de moustiques avec gene drive en Afrique ».

La méthode commence par la conception de modifications génétiques, suivie d’une introduction soigneuse dans des embryons de moustiques à l’aide d’aiguilles ultrafines sous microscope, à un stade précis après la ponte. Toutes les interventions ne réussissent pas : certaines manipulations n’aboutissent pas à des moustiques modifiés. Les chercheurs identifient ensuite les individus porteurs de la modification et établissent des colonies en laboratoire pour observer la transmission du caractère sur plusieurs générations.

Voir aussi
Star Academy : Ambre et ses camarades entament les préparatifs de la tournée

Les essais de sécurité et d’efficacité prévoient plusieurs paliers : tests en cages de laboratoire à petite échelle pour observer interactions et reproduction avec des moustiques sauvages de la même espèce ; essais ultérieurs dans de grands environnements intérieurs reproduisant des conditions proches du milieu naturel ; et études comparatives sur l’espérance de vie, le comportement de piqûre, le potentiel de transmission du parasite et la résistance aux insecticides. Des modèles mathématiques accompagnent ces études pour estimer la diffusion potentielle de la modification et son impact sur la transmission du paludisme.

Dr Lukindu insiste sur la nécessité de procédures de sécurité, d’examens réglementaires dans les pays concernés et d’un dialogue avec les communautés avant toute considération d’usage futur. Target Malaria se présente comme un consortium de recherche à but non lucratif dont l’objectif est de développer et partager des technologies génétiques nouvelles, abordables et durables pour modifier des moustiques et réduire la transmission du paludisme.

Quelle est votre Réaction?
Excited
0
Happy
0
In Love
0
Not Sure
0
Silly
0

© 2026 Benin Web TV - All Rights Reserved.

Retour en haut