Loana, figure emblématique de la téléréalité, sera inhumée à Nice ce samedi 4 avril, a indiqué Gilles Verdez sur le plateau de « Tout beau tout neuf » (W9) le 1er avril ; son corps avait été retrouvé sans vie une semaine plus tôt et l’autopsie a écarté l’intervention d’un tiers. Dans le sillage de cette disparition, le débat sur la responsabilité des émissions de téléréalité et le suivi des candidats se ravive : le 2 avril, Zoé Brunet, ancienne participante de « Secret Story », a témoigné dans Ciné Télé Revue en pointant du doigt le manque d’accompagnement psychologique après la sortie des émissions.
Les hommages à Loana se sont multipliés depuis l’annonce de sa mort. Parmi les réactions, le présentateur Benjamin Castaldi — qui a accompagné la naissance du phénomène avec « Le Loft » — a publié un message fort sur Instagram, évoquant la manière dont le public et les médias ont applaudi la lumière de la candidate sans protéger son ombre : « On l’a regardée vivre, aimer, tomber… sans jamais vraiment se demander qui la relèverait après », a-t-il écrit, exprimant tristesse et colère face à la trajectoire de la jeune femme de 48 ans.
La question de l’impact de la télévision sur la santé mentale des candidats revient au centre des discussions. Dans son numéro du 2 avril, Ciné Télé Revue interroge directement : « La télé a-t-elle tué Loana ? » C’est dans ce contexte que la parole de Zoé Brunet, désormais animatrice et compagne d’Alexis — vainqueur de la saison 12 de « Secret Story » — a été sollicitée par le magazine.
« Secret Story » : Zoé pointe du doigt la production
Interrogée par Ciné Télé Revue, Zoé Brunet décrit un dispositif de sélection et de suivi psychologique limité. Selon elle, la phase de casting comprenait des entretiens avec des psychologues destinés à cerner le parcours et les réactions des candidats : on lui aurait posé des questions sur les moments difficiles de sa vie et sur la manière dont elle réagirait face à la colère ou à la tristesse. Pendant le tournage, précise-t-elle, les candidats pouvaient contacter un psychologue en cas de besoin.
Le point critique, d’après Zoé, se situe après la sortie de l’émission. Elle indique qu’à l’issue de son passage dans la maison des secrets (saison 2024, secret annoncé : « J’ai participé à Miss Univers »), le suivi s’est résumé à un unique appel : « Le suivi psychologique s’est limité à un appel. On nous demande comment ça va, on répond, et c’est terminé », rapporte-t-elle. Zoé confie avoir traversé trois mois de dépression après l’émission et estime que, sans un accompagnement réel, elle serait restée dans cet état plus longtemps.
Elle rapporte également son ressenti immédiat à la sortie : la première chose dite à sa mère, selon ses propos, fut : « Maintenant, je comprends les gens qui dérapent, qui se droguent ou qui partent en vrille ». Zoé décrit l’expérience comme profondément violente pour les esprits des participants : « On sort de là le cerveau complètement détraqué […] C’est très violent », conclut-elle dans l’entretien publié le 2 avril.