Patrick Bruel : l’expert-psychiatre désigné pour l’analyser visé par quatre plaintes d’associations de protection de l’enfance

Les avocates représentant les parties civiles dans le dossier instruit contre Patrick Bruel demandent la récusation du docteur Paul Bensussan, désigné par les magistrats de Nanterre pour conduire l’expertise psychiatrique de l’artiste mis en cause pour des infractions sexuelles.

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"Un mauvais signe" : Patrick Bruel, l'expert-psychiatre désigné pour l'analyser visé par quatre plaintes d'associations de Protection de l'enfance
L.Urman / Starface
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Dans le cadre de cette enquête criminelle, quatre juges d’instruction ont mandaté une expertise collégiale associant deux praticiens, dont Paul Bensussan, afin d’examiner la personnalité de Patrick Bruel, mis en examen et présumé innocent. Cet acte de procédure obligatoire vise à évaluer la responsabilité pénale et les mécanismes psychologiques d’un éventuel passage à l’acte.

Cette décision suscite l’opposition des conseils des plaignantes, qui ont formellement sollicité le rejet de l’expert avant l’entame de ses investigations cliniques. Les représentantes des victimes dénoncent des prises de position publiques qu’elles jugent contraires à l’obligation d’impartialité inhérente à la fonction d’expert judiciaire.

La contestation s’appuie principalement sur des déclarations formulées en mai dernier par Paul Bensussan devant la commission parlementaire dédiée à l’inceste. Le spécialiste y avait manifesté son scepticisme à l’égard de l’amnésie traumatique et de la dissociation, qualifiant ces mécanismes de raisonnements autovalidants et affirmant que toute situation ne peut être catégorisée sous ces notions.

Ces déclarations constituent le point de friction majeur avec les parties civiles dans une affaire où ces dimensions psychologiques occupent une place centrale.

Un profil contesté et des recours déontologiques en cours

Les méthodes de Paul Bensussan ont déjà suscité des contestations en 2022, lorsque quatre structures vouées à la protection de l’enfance ont déposé des plaintes contre lui devant l’Ordre des médecins. Ces associations fustigeaient des manquements déontologiques présumés lors d’expertises relatives à des affaires d’inceste, ciblant notamment son recours à la notion d’aliénation parentale.

Bien que la juridiction ordinale ait rendu une décision de relaxe le 14 mars 2025, les associations plaignantes ont interjeté appel, maintenant ainsi la procédure disciplinaire en suspens.

Les magistrats instructeurs doivent désormais statuer sur les suites de cette mission : confirmer le mandat confié à l’expert, intégrer des questions ciblées sur la mémoire traumatique et la dissociation, ou désigner un nouveau médecin afin de prévenir de futures contestations ou demandes de contre-expertise.

Interrogé sur cette démarche de récusation, Paul Bensussan s’est abstenu de tout commentaire. Le praticien est déjà intervenu dans d’autres dossiers judiciaires criminels d’envergure, ayant notamment réalisé les expertises psychiatriques de Dino Scala, Dominique Pélicot et Nordahl Lelandais.

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