Nagui a été auditionné le 1er avril devant la commission d’enquête parlementaire sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public, où lui ont été notamment reprochés son mode de rémunération et son positionnement politique. L’audition, tendue, a relancé le débat sur les rémunérations des animateurs et la frontière entre engagements personnels et usages des antennes du service public.
La commission d’enquête, créée en novembre dernier à l’Assemblée nationale, a déjà entendu plusieurs personnalités du paysage audiovisuel, dont Léa Salamé, Michel Drucker et Patrick Sébastien. Le rapporteur chargé de l’audition de Nagui est Charles Alloncle (Hérault), membre du groupe « Union des droites pour la République », qui avait, dès décembre 2025 sur YouTube, affirmé que Nagui était « la personne, sur les dix dernières années, qui s’est le plus enrichie sur l’argent public ».
Au cœur des échanges figurait la question de la rémunération de Nagui pour l’émission N’oubliez pas les paroles (NPLP). Selon des documents transmis au rapporteur par France Télévisions, il y serait indiqué que « le salaire de Nagui pour ce jeu était de 2 500 euros par jeu de 30 minutes, soit 1,5 million d’euros par an pour cette seule émission ». L’animateur, âgé de 64 ans, a contesté ces affirmations en précisant qu’il ne percevrait pas de salaire de la part de France Télévisions mais uniquement de la société de production Banijay, et qu’il a déposé plainte contre X dans ce dossier.
Réactions et commentaires médiatiques après l’audition
Outre l’examen des éléments financiers, la commission a évoqué la neutralité politique de l’animateur. Nagui a répondu en revendiquant son droit à l’expression privée tout en affirmant qu’il n’avait « jamais, à l’antenne, dit pour qui voter », formulation relayée par la chaîne parlementaire LCP lors de la séance du 1er avril.
Le lendemain, 2 avril, l’audition de Nagui a fait l’objet d’un long décryptage dans l’émission Les Grandes Gueules sur RMC. L’avocate et chroniqueuse Sandrine Pégand a vivement critiqué l’animateur, notamment sur la question de la rémunération et de la prétendue incohérence entre ses prises de position personnelles et son usage des antennes du service public. Elle a déclaré : « Pour animer un karaoké, pas mal« , en référence à N’oubliez pas les paroles, et a ajouté être « contente de savoir que je paye les résidences secondaires de Nagui, qui, par ailleurs, est un homme de gauche ».
Sandrine Pégand a également contesté l’affirmation de Nagui selon laquelle il n’aurait « jamais » tenu de propos politiques appelant à voter pour tel ou tel candidat, soulignant que l’animateur aurait, selon elle, exprimé des consignes négatives sur certains choix électoraux. Les échanges ont ensuite été relayés sur les réseaux sociaux : LCP a tweeté un extrait de la déclaration de Nagui le 1er avril 2026, et le compte officiel des Grandes Gueules a publié, le 2 avril 2026, un message citant les propos de Sandrine Pégand sur la rémunération de l’animateur.