Alain Delon : retour sur le parcours hors du commun qui a forgé sa légende

Disparu à l’âge de 88 ans dans la nuit du 17 au 18 août 2024 à Douchy-Montcorbon, Alain Delon a marqué l’histoire du cinéma après un parcours initial particulièrement instable, rythmé par des difficultés scolaires, des peines de détention et un engagement dans l’armée.

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Alain Delon : enfance en prison, charcutier, matelot en Indochine, star à 25 ans, ce parcours dingue qui a fait sa légende
Loic Thebaud / Panoramic / Starface
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Le comédien voit le jour le 8 novembre 1935 à Sceaux. À la suite de la séparation de ses parents en 1940, alors qu’il n’a que quatre ans, il est confié à la famille Nérot, installée rue de la Terrasse, à proximité immédiate de la maison d’arrêt de Fresnes, son père nourricier exerçant le métier de surveillant pénitentiaire.

Durant l’Occupation, le garçonnet grandit dans cet environnement carcéral où transitent des membres de la Résistance et de futurs déportés. Il assiste notamment aux répercussions des exécutions capitales qui s’y déroulent, dont celle de Pierre Laval. Après le décès de ses tuteurs, il réintègre le foyer de sa mère remariée, mais son cursus scolaire s’avère particulièrement perturbé et se solde par des renvois successifs de six établissements confessionnels.

À l’âge de 14 ans, Alain Delon s’oriente vers la profession de son beau-père et intègre un commerce de boucherie-charcuterie à Bourg-la-Reine. Il y prépare et décroche un certificat d’aptitude professionnelle de charcutier-traiteur, avant d’exercer dans d’autres commerces d’alimentation.

L’expérience militaire et les infractions disciplinaires

L’adolescent choisit de s’engager pour trois ans au sein de la Marine nationale en 1953, alors qu’il a 17 ans. Il prolonge cette affectation et part en direction de Saïgon, en Indochine, après avoir reçu une formation de radiotélégraphiste.

Son séjour est émaillé de multiples sanctions pour indiscipline, retards et l’utilisation non autorisée d’un véhicule de service accidenté. Ces événements lui valent une rétrogradation, une interdiction de séjour sur ce territoire et un rapatriement forcé vers la métropole.

Dès son arrivée à Marseille, les autorités l’interpellent pour port d’arme non autorisé, ce qui entraîne une peine de 45 jours de détention militaire. Il achève son engagement en 1956, totalisant plus de mille jours de service, mais sans obtenir de certificat de bonne conduite.

Après avoir rompu ses liens familiaux, il s’établit à Paris où il survit grâce à divers emplois temporaires entre le quartier des Halles et les Champs-Élysées, tout en côtoyant le milieu de la prostitution.

L’entrée rapide dans le cinéma international

Son orientation professionnelle s’infléchit grâce à sa relation avec une ancienne danseuse, qui lui ouvre les portes du milieu artistique parisien et lui permet de faire la connaissance de la comédienne Brigitte Auber. Lors de l’édition 1957 du Festival de Cannes, il attire l’attention d’un découvreur de talents américain et passe une audition pour le producteur David O. Selznick, avant de refuser une carrière aux États-Unis.

Il effectue ses débuts sur grand écran en 1957 dans la production Quand la femme s’en mêle, avant d’être engagé l’année suivante sur le tournage de Christine, où il partage l’affiche avec l’actrice Romy Schneider.

Sa notoriété change d’échelle en 1960 avec la sortie de Plein Soleil, réalisé par René Clément, dans lequel il interprète le rôle de Tom Ripley. Cette même année, le réalisateur Luchino Visconti le dirige dans Rocco et ses frères, le propulsant parmi les comédiens les plus demandés d’Europe.

Ce succès s’est ensuite prolongé avec des œuvres marquantes comme Le Guépard, Le Samouraï et Le Clan des Siciliens.

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