Santé sexu3lle au Bénin: 99% de femmes éprouvent des douleurs lors de l’acte selon une étude

Une étude scientifique menée au Bénin révèle des chiffres saisissants sur la santé sexuelle féminine, une réalité longtemps peu documentée dans le pays.

Edouard DjogbénouVoir tous ses articles
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Santé
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Santé sexu3lle au Bénin: 99% de femmes éprouvent des douleurs lors de l’acte selon une étude
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Les résultats montrent que la quasi-totalité des femmes en couple souffrent de douleurs ou de difficultés sexuelles, une situation qui interpelle les professionnels de santé, les acteurs politiques et les associations de la société civile.

L’enquête, publiée dans la revue Santé publique et coordonnée par plusieurs spécialistes béninois et internationaux, a été conduite entre septembre et décembre 2022 auprès de 1 531 femmes âgées de 15 à 49 ans dans quatre communes représentatives du pays : Djougou et Parakou au Nord, Abomey-Calavi et Porto-Novo au Sud. Toutes étaient en couple depuis au moins six mois au moment de l’étude.

Pour évaluer la santé sexuelle, les chercheurs ont utilisé un outil internationalement reconnu, le Female Sexual Function Index (FSFI), adapté aux langues locales pour tenir compte des réalités linguistiques et culturelles.

Des chiffres qui interpellent

Les résultats issus de ces enquêtes sont frappants :
99,93 % des femmes interrogées déclarent ressentir de la douleur pendant les rapports sexuels.
83,31 % signalent des difficultés d’excitation.
73,02 % peinent à atteindre l’orgasme.
76,36 % rencontrent des problèmes de lubrification.
66,69 % expriment un manque de désir sexuel.

Au total, 62,18 % se déclarent insatisfaites de leur sexualité personnelle. Ces proportions varient d’une localité à l’autre: l’insatisfaction sexuelle au sein du couple est plus marquée à Parakou qu’à Porto-Novo, soulignant des différences sociales, culturelles et religieuses dans l’expression de la sexualité féminine.

Culture, religion et tabous

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Les auteurs de l’étude soulignent que les normes sociales et religieuses influencent profondément la perception de la sexualité des femmes. Dans les zones où l’islam et la polygamie sont plus répandus, la sexualité féminine est souvent perçue avant tout sous l’angle de la reproduction ou comme une obligation conjugale.

Dans ces contextes, les femmes peuvent éprouver des difficultés sans les associer à une insatisfaction personnelle ou sexuelle. À l’inverse, dans le Sud du pays, où la monogamie et le christianisme sont plus courants, l’expression des difficultés sexuelles dans le couple est plus fréquente, même si les chiffres restent élevés partout.

Briser le silence

Les chercheurs appellent à une meilleure prise en compte de la santé sexuelle des femmes dans les politiques de santé publique. Ils estiment que cette dimension dépasse le seul cadre médical et requiert une approche qui intègre les dimensions relationnelles, culturelles et psychologiques.

L’étude conclut que le tabou autour de la sexualité féminine doit être déconstruit progressivement pour permettre aux femmes de s’exprimer sur leurs expériences, d’accéder à des soins adaptés et de vivre leur sexualité dans le respect de leurs besoins et de leur bien-être.

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