Le week-end de violents heurts à Jérusalem a été suivi par une escalade meurtrère durant la journée du lundi 11 mai. Après des tirs de roquettes du Hamas vers Jérusalem, l’armée israélienne a lancé des raids sur la bande de Gaza, causant la mort de vingt Palestiniens, dont neuf enfants, selon les services médicaux palestiniens.
L’armée israélienne a indiqué, mardi 11 mai 2021, avoir tué 15 membres de groupes armés palestiniens dans la bande de Gaza, où elle a mené 130 frappes en riposte à des tirs de roquettes sur l’État hébreu. «Â Nous avons frappé 130 cibles militaires qui appartiennent principalement au Hamas », a indiqué à des journalistes le porte-parole de l’armée, Jonathan Conricus. Et de poursuivre : «Â Selon nos estimations actuelles, nous avons tué 15 membres du Hamas et du Jihad islamique. ». Le Jihad islamique, second groupe islamiste armé de la bande de Gaza, a confirmé, mardi en fin de matinée, la mort de deux de ses commandants.
Les salves de roquettes tirées depuis la bande de Gaza constituent «Â  une agression grave à l’encontre d’Israël, à laquelle nous ne pouvons pas ne pas répliquer  », a-t-il ajouté. Les autorités locales à Gaza ont fait état de vingt-deux morts, dont neuf enfants, dans les frappes israéliennes, les plus importantes depuis novembre 2019. En Israël, les secouristes israéliens ont fait état de plusieurs blessés après le tir de roquettes. Selon un dernier bilan de l’armée, 200 roquettes ont été tirées de Gaza vers Israël, depuis lundi, dont plus de 90 % ont été interceptées par le bouclier antimissile « Dôme de fer ». De nombreuses autres roquettes sont tombées à l’intérieur de la bande de Gaza, un territoire contrôlé par le Hamas.
Plus de 500 blessés
Les nouvelles frappes et salves de roquettes interviennent sur fond de violences à Jérusalem-Est, secteur palestinien de la ville illégalement occupé et annexé par Israël, selon le droit international. Lundi, quelque 520 Palestiniens et 32 policiers israéliens ont été blessés dans de nouveaux heurts avec la police israélienne sur l’esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l’islam et site le plus sacré du judaïsme, et dans d’autres lieux de Jérusalem-Est.
Le Hamas avait menacé l’État hébreu d’une nouvelle escalade militaire si ses forces ne se retiraient pas à 18 heures (15 heures GMT) de l’esplanade. Les violences ont coïncidé avec la «Â  Journée de Jérusalem  », qui marque, selon le calendrier hébraïque, la prise de la partie orientale, peuplée de Palestiniens, de la Ville sainte par l’armée israélienne, en 1967. Elles interviennent aussi après des semaines de tensions à Jérusalem.
L’ONU a fait part, mardi, d’une vive inquiétude au sujet de l’escalade des violences en Israël et dans les territoires palestiniens occupés. «Â Nous condamnons toute violence et toute incitation à la violence, ainsi que les divisions ethniques et les provocations », a déclaré Rupert Colville, lors du briefing régulier de l’ONU à Genève.