« Je repars avec la délégation de la CEDEAO reconfortée, de l’ouverture d’esprit et au dialogue du chef de l’Etat », a déclaré ce samedi 18 juin, à Ouagadougou, le médiateur de la CEDEAO Mahamadou Issoufou, après une visiste de 24 heures à l’issue de laquelle, il a discuté des questions politiques et sécuritaires avec les autorités du Burkina Faso.
Pour une première fois après sa nomination en tant que médiateur au dernier sommet extraordinaire de la CEDEAO qui s’est déroulé à Accra, au Ghana, l’ancien président du Niger, Mahamadou Issoufou, a fait sa première visite au Burkina Faso. Il est arrivé à Ouagadougou vendredi et a multiplié des rencontres avec les autorités du pays et les diplomates accrédités au Burkina Faso, avant de faire une déclaration de fin de mission ce samedi 18 juin 2022.
A l’occasion de ses deux rencontres avec le président Paul-Henri Sandaogo Damiba, ils ont abordé les questions liées à la sécurité, au retour à l’ordre constitutionnel normal, à l’humanitaire et au développement. L’émissaire de la CEDEAO a mis l’accent sur l’étroite liaison qui existe entre tous ses défis et évoqué l’attaque de Seytenga (qui a fait officiellement 86 morts) et présenté les condoléances de l’organisation sous-régionale au gouvernement et au peuple burkinabé.
40% du territoire sont hors du contrôle de l’Etat
Pour le médiateur de la CEDEAO, Mahamadou Issoufou, l’attaque de Seytenga prouve combien la situation sécuritaire demeure difficile au Burkina Faso, depuis les premières attaques qui ont eu lieu en 2015 et 2016. « Il a été enregistré au Burkina, des milliers de morts et de blessés », a déclaré M. Issoufou.
« Aujourd’hui, 40% du territoire sont hors du contrôle de l’Etat avec la fermeture de plusieurs miliers d’écoles et de plusieurs centaines de centres de santé. de miliers d’eNfants sont privés d’accès à l’école », a-t-il ajouté.
Un chronogramme de transition acceptable
Dans sa déclaration, le chef de la délégation ouest-africaine a rappelé le contexte difficile dans lequel se trouve le pays des hommes intègres. « On constate une flambée de prix sur le céréale et de l’énergie, rendant vulnérable près de 3,5 millions de personnes », a fait remarqué Mahamadou Issoufou.
Tout çà, revient donc à dire, selon M. Issoufou, que le Burkina Faso traverse aujourd’hui, une crise multidimensionnelle, sécuritaire, humanitaire, politique socio et économique. Pour en sortir, argumente le médiateur, « le Burkina a besoin du soutien de tous ses amis; et, la CEDEAO souhaite rester à ses côtés, pour relever le défis de la sécurité, de l’humanitaire, du climat, du retour à l’ordre constitutionnel normal et du développement, dans le cadre d’un chronogramme de transition acceptable de tous ».
M. Issoufou a pour finir, affirmé qu’il « repars avec la délégation de la CEDEAO réconfortée, de l’ouverture d’esprit et au dialogue du chef de l’Etat » Burkinabé.
Au Burkina Faso, la charte adoptée à la fin des assises nationales par les autorités a fixé à 03 ans, la durée de la transition. Un délai justifié par la situation sécuritaire du pays, selon les autorités. Mais la CEDEAO trouve long ce délai et souhaite un délai plus court. La mission du médiateur de la CEDEAO consiste donc à obtenir entre la CEDEAO et le Burkina Faso, un accord sur la durée de la transition qui doit aboutir à des élections libres et transparentes pour un retour à l’ordre constitutionnel.