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Bruno Salomone atteint de misophonie depuis l’enfance

Le comédien et humoriste Bruno Salomone est décédé dimanche 15 mars 2026 à l’âge de 55 ans, a annoncé son agent Laurent Grégoire à l’AFP. Selon ce dernier, l’artiste s’est éteint « après s’être battu contre une longue maladie », une information relayée par les médias nationaux.

Figure du spectacle français, Bruno Salomone avait évoqué publiquement sa santé et, plus spécifiquement, la pathologie dont il souffrait depuis l’enfance. Son décès intervient alors que l’acteur et auteur s’était rendu visible sur ce sujet, notamment à travers un roman et plusieurs interviews consacrés à cette souffrance quotidienne.

Il avait révélé souffrir de misophonie dès l’âge de 10 ans et en avait fait le thème de son livre Les Misophones. À Europe 1, il expliquait que témoigner lui avait apporté un soulagement : « Ça soulage de se dire on n’est pas tout seul. Aujourd’hui mes proches sont tous au courant. Et maintenant qu’ils ont lu le livre, ils ont intégré ce que c’était et se sont même excusés de m’avoir fait subir tout ça (…) Mais j’essaye de ne pas être un tyran. J’en ris, il faut relativiser. »

Quelle est la misophonie, la maladie dont souffrait Bruno Salomone ?

La misophonie est décrite par Bruno Salomone comme une réaction émotionnelle disproportionnée déclenchée par de petits bruits du quotidien. Ce trouble ne se réduit pas à une simple gêne auditive : les sons répétitifs — le croustillement du pop-corn, le bruit de mastication d’un chewing-gum dans les transports — peuvent provoquer chez les personnes atteintes une intense agitation, de la colère ou de l’angoisse.

Dans ses interventions, l’artiste a insisté sur la manière dont le cerveau focalise sur ces stimuli : « Le cerveau, il est pervers, il focalise dessus. » Il racontait devoir s’isoler au cinéma et « scanner » les personnes autour de lui pour repérer les sources de bruit, ce qui accentue la souffrance et l’évitement des situations collectives.

Bruno Salomone avait aussi trouvé un soutien via les réseaux sociaux, rejoignant des groupes d’entraide où les membres partagent leurs expériences. Il soulignait la difficulté de faire accepter ce trouble aux proches — « on ne sait pas comment communiquer avec parce que ça passe pour un caprice (…) donc c’est compliqué d’en parler. Le mieux, c’est de se barrer » — et évoquait la stigmatisation qui entoure parfois la misophonie.

Sur RMC, il qualifiait la misophonie de « trouble discret » et évoquait un dysfonctionnement cérébral impliquant selon lui le cortex cingulaire, une zone parfois associée au syndrome de Gilles de la Tourette. Il décrivait les manifestations possibles : « Ça se manifeste par un sentiment de haine, des montées de sang, des angoisses, j’ai même vu des gens pleurer. Ce n’est pas le bruit en soi, c’est la redondance qui vous rend dingue. Il y a eu des faits divers où des gens ont tué leur voisin. Ça vous rend dingue. »

Il évoquait enfin une approche thérapeutique qu’il décrivait comme contraignante : « Le seul moyen est d’associer un son positif à un son négatif pendant 9 mois, donc la contrainte est terrible »

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