Élise Lucet : une famille porte plainte contre Cash Investigation
Élise Lucet et la production de Cash Investigation sont visées par une plainte déposée par les parents d’un enfant de l’école maternelle Saint‑Dominique (Paris 7ᵉ), après la diffusion d’un reportage dénonçant des violences et des agressions commises par des animateurs périscolaires, a appris l’Agence France‑Presse.
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L’émission présentée par Élise Lucet, diffusée pour la première fois le 27 avril 2012 et suivie depuis pour ses enquêtes sur des sujets économiques et sociétaux, a consacré un numéro au périscolaire et aux établissements privés, diffusé le 29 janvier dernier. Le reportage a mis au jour, selon l’équipe, plusieurs cas d’agressions sexuelles et de maltraitances à l’encontre d’enfants âgés de 3 à 5 ans, suscitant une vive émotion chez les familles concernées.
Les avocats mandatés par les parents ont porté plainte pour non‑dénonciation de mauvais traitements, en affirmant que des images compromettantes, tournées en caméra cachée, avaient été conservées par l’équipe de l’émission pendant plusieurs mois sans signalement aux autorités.
Les éléments de la plainte et la réaction de l’équipe
La plainte vise explicitement la société Premières Lignes télévision, productrice de l’émission, ainsi que plusieurs personnes identifiées par les plaignants : Élise Lucet (présentatrice et rédactrice en chef), Claire Tesson (réalisatrice), Luc Hermann et Paul Moreira (producteurs), et Maria Ivanchysyn (journaliste ayant effectué les prises de vues). Selon les avocats, Maria Ivanchysyn a, « à compter d’avril 2025 », filmé en caméra cachée des animateurs au sein de l’école.
Le dossier indique que ces images — choisies parmi « vingt‑sept heures de rushes » — ont été selon les plaignants « tenues secrètes pendant neuf mois », période durant laquelle aucun signalement judiciaire ou administratif n’aurait été effectué. Les avocats estiment qu’un signalement aurait permis, dès la découverte des faits, de protéger les enfants et de suspendre plus rapidement les personnes mises en cause.
Les auteurs de la plainte reprochent aussi à l’équipe de l’émission d’avoir réservé l’exclusivité des révélations à la diffusion télévisée et d’avoir, selon eux, retenu ces éléments pour en faire « du divertissement sur fond de violences commises sur des mineurs de 3 à 5 ans ».
Dans un communiqué, l’équipe de Cash Investigation a répondu que ces accusations étaient « inexactes et mensongères ». Elle précise par ailleurs qu’au moment du tournage, les services de la Mairie de Paris avaient déjà pris la décision de suspendre un animateur de l’école « pour suspicion de faits à caractère sexuel ».
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