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Au Nigeria, pourquoi un retour au pouvoir de Goodluck Jonathan est improbable

Au Nigéria, des voix s’élèvent pour demander à l’ancien président nigérian Goodluck Jonathan de se porter candidat à l’élection présidentielle de 2027, alors que des recompositions se poursuivent au sein des partis d’opposition et que la question de son éligibilité suscite un débat juridique intense autour des limites de mandat prévues par la Constitution de 1999.

CéLéBRITé
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Goodluck Jonathan
Jonathan's 2027 eligibility: Why he may not be able to run
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SOMMAIRE

Goodluck Jonathan a été vice‑président de la République sous l’autorité du président Umaru Yar’Adua de 2007 jusqu’à la mort de ce dernier en mai 2010, date à laquelle il a été investi en tant que président. Il a ensuite remporté l’élection présidentielle de 2011 et a été battu lors de sa tentative de réélection en 2015 par Muhammadu Buhari. Depuis son départ du pouvoir, il a été salué internationalement pour avoir reconnu sa défaite en 2015 et assuré le transfert pacifique du pouvoir.

Les appels à sa candidature interviennent dans un contexte de crise interne au sein du Peoples Democratic Party (PDP) et de tentatives rapportées de personnalités de l’opposition de le rallier. Mais des questions juridiques se posent désormais sur la possibilité pour M. Jonathan de briguer un nouveau mandat, au regard des restrictions introduites dans la Constitution nigériane.

Textes constitutionnels et jurisprudence récente

Au centre du débat figure la Section 137(3) de la Constitution de 1999, telle qu’amendée par la Quatrième Altération de 2017, qui dispose que « une personne qui a prêté serment en tant que président pour terminer le mandat pour lequel une autre personne a été élue président ne peut pas être élue à cette fonction pour plus d’un seul mandat ». Cette disposition est comparable à la Section 182(3) qui concerne les gouverneurs et énonce un principe identique pour les exécutifs régionaux.

Un point de controverse juridique est la temporalité de l’amendement : la Section 137(3) a été introduite en 2017, après le départ de M. Jonathan de la présidence, ce qui soulève la question de son applicabilité rétroactive aux mandats antérieurs.

La question a repris de l’actualité après une décision du Federal High Court d’Akure, État d’Ondo, portant sur le gouverneur Lucky Aiyedatiwa. Dans cette affaire, le tribunal a estimé que M. Aiyedatiwa serait inéligible à briguer un mandat supplémentaire au‑delà de la limite constitutionnelle, après avoir été investi en décembre 2023 pour achever le mandat du défunt Rotimi Akeredolu, puis élu en novembre 2024 et investi en février 2025.

La procédure avait été engagée par un membre du All Progressives Congress (APC), Akin Egbuwalo, qui demandait au tribunal d’interpréter les dispositions constitutionnelles relatives aux limites de mandat. Le tribunal s’est appuyé, dans son raisonnement, sur la jurisprudence de la Cour suprême dans l’affaire Marwa c. Nyako pour affirmer qu’aucun exécutif élu ne peut demeurer en fonction au‑delà de la période permise par la Constitution.

Pour certains observateurs, la décision d’Akure renforce l’argument selon lequel une personne ayant prêté serment pour terminer le mandat d’un prédécesseur, puis ayant ensuite été élue, ne peut dépasser la limite constitutionnelle d’un mandat supplémentaire. Néanmoins, les opinions juridiques restent divisées quant à l’applicabilité directe de cette interprétation au cas de Goodluck Jonathan, en particulier en raison du fait que la disposition litigieuse a été adoptée après sa présidence.

La question n’a pas été définitivement tranchée par une instance judiciaire supérieure dans le cas précis de M. Jonathan, et le débat juridique porte sur l’interprétation et la portée rétroactive des amendements de 2017 prévus par la Constitution de 1999.

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