Centrafrique : Faustin-Archange Touadéra investi pour un mandat de sept ans
Déclaré vainqueur du scrutin présidentiel du 26 décembre 2025, le chef de l’État sortant doit être investi pour un mandat de sept ans lors d’une cérémonie solennelle prévue à Bangui le lundi 30 mars 2026. À l’approche de cet événement, des partisans et des responsables publics se sont mobilisés pour présenter la capitale sous un jour renouvelé.

Sa réélection, entérinée au début de janvier 2026 par le Conseil constitutionnel avec 77,90 % des voix, reste contestée par l’ancien candidat Anicet-Georges Dologuélé, qui a dénoncé des irrégularités. Le président prêtera serment et, dans le même temps symbolique, inaugurera la VIIe République instaurée par la nouvelle Constitution adoptée en 2023.
Les autorités ont multiplié les opérations d’embellissement urbain ces dernières semaines : installation (et, pour certains, mise en service) de feux tricolores absents depuis des années, travaux de revêtement sur la place Omar-Bongo et restauration de sa colombe, ainsi que des rafraîchissements au complexe sportif Barthélemy-Boganda, connu sous le nom de « Stade 20 000 places ».
La cérémonie, qui devrait se dérouler en trois temps, attirera des dirigeants de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) et des personnalités régionales, dont le président en exercice de l’Union africaine, le Burundais Évariste Ndayishimiye, selon les annonces officielles.
Des défis immédiats
Du côté du gouvernement, la prestation de serment est présentée comme un moment d’unité et de rupture politique par les porte-parole proches du pouvoir, qui insistent sur la dimension historique de l’investiture.
Mais l’événement suscite aussi des critiques : une statue en l’honneur du président, érigée le 28 mars sur un rond-point portant désormais son nom, a provoqué l’ire de l’opposition. Pour Crépin Mboli-Goumba, ces initiatives relèvent d’un culte de la personnalité sans précédent depuis l’époque Bokassa et se font selon lui au profit d’intérêts partisans, sans véritable consultation populaire.
Parmi les décisions immédiates qui attendent le nouveau mandat figure la nomination d’un vice-président, puis, probablement, un remaniement ministériel après le second tour des législatives prévu fin avril. Outre ces aspects institutionnels, l’exécutif hérite de défis lourds : combattre la pauvreté dans un contexte de retrait progressif des ONG et faire face à des enjeux sécuritaires accentués par la réduction de la présence des forces onusiennes dans le pays.
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